Après une vingtaine de minutes à l'extérieur en revient à la maison.
La porte de l'appartement est grande ouverte et Yassine n'y est plus. C'etait le samedi 23 novembre 2024 et le début d'un cauchemar qui va durer cinq mois.
Je le cherche le soir même, dans le quartier, puis le lendemain toute la journée en ville, sans résultat.
Deux jours après, le Mardi matin vers 8 heures, ma sœur Zohra m'appelle pour m'apprendre qu'il est assis en face du centre de formation des Adultes à Didouche Mourad. Elle essaye de lui parler mais il refuse et s'enfuit. Elle le suit et me tient au courant minute après minute par téléphone. Je réussi à les rejoindre au centre ville à la rue Gambetta . Je suis à pieds et j'essaye de lui parler: en vain. Il s'enfuit. Au niveau du marché couvert avec l'aide de là police en arrive à l'arrêter et lui parler. Il est un peu agité. Il dialogue avec nous correctement en étant dans la contradiction de toutes nos propositions, ensuite il nous laisse et disparaît à travers les rues environnantes, après nous avoir fait un bras d'honneur avec un rire moqueur. Pendant toute la journée de jeudi, je distribue mon numéro de téléphone à travers plusieurs endroits de la ville: kiosque, brasserie, station de bus et de taxi...etc.
Le soir même vers 20h quelqu'un m'appelle pour m'apprendre que mon fils erre au niveau de l'esplanade de la gare. Un endroit pleins de types dépravés, de mendiants et de drogués.
On s'y rends aussitôt; moi et sa mère. Il n'y est plus. Je recontacte la personne qui m'alerta et qui me rejoins aussitôt, pour chercher avec nous, mais en vain.
Je continu à le chercher.
En pénétrant sur l'esplanade du cour de la révolution (côté port) avec la voiture, je l'aperçois assis sur le bord d'un des carrés qui entour les arbres de la grande esplanade . Mais dès qu'il me voit, il s'enfuit. Commence alors une longue marche à travers la ville. D'abord le long du boulevard du 1er novembre 54. On essaye à plusieurs reprise de le maîtriser avec l'aide de plusieurs passants et le ramener à la maison, sans succès. On abondonnent et on le laisse errer. Il est fatigué. En marchant il pose ses mains sur ses anches comme s'il avait des points de côtés. Arrivé du côté du quartier de la Menadia sur le boulevard Benboulaid , il a besoin de dormir. Il s'assis à l'entrée de la banque CPA. Il somnole, parfois il s'effronde et s'éveille. Je profite de cet instant pour chercher de l'aide chez la police juste à côté. Mais le permanence de l'arrondissement m'envoie balader avec mépris. Je décide de m'adresser alors directement au permanence de la wilaya, qui m'écouta et ordonnera que l'on s'occupe de mon cas. Le permanence d'arrondissement engagera aussitôt la procédure mais en m'avertissant à l'avance "Que si votre fils ne veut pas être pris en charge, on utilisa pas la force". Ainsi dit, ainsi fait. Mon fils refusera de les accompagner et continuera à errer sur le boulevard et nous avec. Le policier n'avait pas apprécier que j'aille voir le permanence wilaya. C'était 3h le Vendredi matin.
En pénétrant dans la rue sans issue qui mène à la résidence de la wilaya près du collège Benboulaid, il sera chassé par les gardiens chargés de la sécurité . Nous étions très fatigués et décidions de cesser de le poursuivre.
Ce même vendredi 29 novembre ma mère m'appelle vers 16h pour m'apprendre que Yassine est chez elle. Il a brusquement, décidé d'aller chez elle, comme à chaque fois, après avoir passé presque une semaine en ville à errer un peu partout. Il est fatigué et blessé au pied. Il se lave sommairement et essaye de dormir. À mon arrivée, il s'enferme dans la salle de bain du p'tit appartement de ma mère pour ne pas me voir. J'en profite pour lui ramener ses médicaments. Ma sœur se chargera de lui donner (en cachette) dans ses reoas.
Il passera presque un mois chez sa grand mère... Jusqu'au jour où ma vieille mère de 90 ans et ma sœur ne pouvait plus s'occuper de lui par fatigue et lassitude devant son comportement et son mode de vie: il refusait de se laver. Parfois il devient normal sort faire des courses et discute avec sa grand mère qu'Il semble apprécier la compagnie.
Il passera ensuite deux semaines chez nous dans notre ancien appartement des "Allemands" . Il se remis à ne pas nous parler, à s'isoler et à se méfier de nous... Jusque au jour où il quitta la maison à 8h du matin pour rentrer le lendemain à 6h ... Sous l'appel du Muezzin de Sobh. Il était en pleurs. C'était le mercredi 3 janvier 2025.
Le soir du vendredi, il commencera à pleuvoir. Vers 20h, il quitta la maison, pour dit-il : " respirer un peu" . Il pleuvera des cordes toute la nuit et il ne rentrera. Le samedi matin, un agent de l'hôpital d'El Razi de passage du côté de l'avenue de L'ALN, l'aperçoit assis à même le sol en face de l'école de police Je m'y rends aussitôt; mais il n'y était plus. Pendant toute la journée je le cherche partout. Plusieurs personnes me disent qu'ils l'ont vu ici est la, un peu partout, à tel ou tel endroit et telle et telle heure.
Le lendemain dimanche vers 10h, le dimanche 7 janvier 2025., au niveau du petit jardin public à côté de la gare Yassine est là, debout et mouillé de la tête au pied. Sa mère va vers lui... Je la rejoins, il est dans un très mauvais état, il grelotte Il sent mauvais, il nous reconnaît et marmotte des mots sortis de nul part. Comme je me suis garé sur le trottoir, un policier chargé de la circulation, viens me voir pour me demander de circuler. Je lui explique la situation. Il alerte le poste de police de l'arrondissement juste à côté. Aussitôt les démarches terminées Yassine sera conduit par les pompiers à l'hôpital. Je suis abattu et sans le vouloir des larmes coulent sur mes joues. Un policier viens me voir. Il me demande de ne pas pleuver. C'était plus fort que moi.
Aux urgences d'El Razi, il est allongé sur un lit. Il est tout mouillé et grelotte de froid. Je lui tiens les mains. J'essaye de le réchauffer. Il sera admis à l'hôpital.
A l'hôpital, il passera plus de trois mois. Je vivrais une des pires expériences de ma vie avec les services de santé, et le personnel. Au début, il passera une dixaine de jours au bloc B: qui est réservé aux personnes agités. Ensuite il est déplacé au bloc C.
Pendant son séjour dans ce bloc, je lui rendit visite chaque jour. Une fois, il refusera de m'accueillir et me reprochera de lui avoir envoyé quelqu'un ( un psychologue de l'hôpital ) pour le voir.
Lors d'une de mes visites, on m'informa qu'une de ses medecins traitants voulait discuter avec moi de sa prise en charge thérapeutique. On fixera un rendez vous dans la semaine.
Lors de notre rencontre, elle m'informa que au vue de l'attitude de Yassine (qui refuse de prendre ses médicaments de manière régulière), il serait préférable qu'il prenne un traitement à long terme, c'est à dire une injection de neuroleptique a libération lente et prolongée, d'une action thérapeutique de 3 à 6 mois. Reste à choisir entre deux molécules : l'Aldol® et le Respiridone® Elle m'exposa les risques et les effets secondaires de chacun des produits
Pour cela, il fallait mesurer la dose maximale de tolérance pour chacune des molécules et sa réaction. Une semaine après le début du traitement à l'Aldol®, il deviendra tout jaune et développrera une infection hépatique. Le staff médical décidera alors d'interrompre le traitement.
Au départ, pendant 15 jours de rupture thérapeutique , il était calme. Puis devint agité et à du subir une contention physique qui l'a conduit à un état quasi végétatif. Il faisait caca sur lui et refusait de prendre ses médicaments par voie orale.
Pendant cette période, je ne pouvait pas le voir. Chaque jour je lui ramener des nouveaux habits pour le changer. Au bout de quelques temps il commencera à se rétablir.
Le jour de son anniversaire, Le 16 avril, j'étais l'homme le plus malheureux du monde qu'Il passe son 26 anniversaire à l'hôpital. Cela faisait déjà 3 mois et 10 jours qu'il était hospitalisé.
Fin avril il quittera l'hôpital dans un état de grande fatigue.
Cela fait 5 mois qu'il a quitté notre maison d'El Bouni et depuis son retour il dors jour et nuit et ne se réveille que pour manger...iIl était assommé par les doses de médicaments
Pendant cette période d'errance et d'hospitalisation de mon fils, j'ai pu à - mon âge avancé- connaître le fonctionnement de notre société, ses attitudes et surtout la psychologie des gens: le mépris et la jalousie.
Une scène m'a particulièrement marquée: un jour après avoir rendu visite à Yassine, une femme de ménage le provoqua méchament et l'insulta et le rendit "hors de lui", ce qui nécessita sa contention et sa mise avec les agités. Cette personne a fait cela par pure mépris et jalousie voyant que je rendit souvent à mon fils. Le policier permanencier qui refusa de me venir en aide... et qui refusera d'amener Yassine a l'hôpital par la force parce que je suis allé voir le permanence wilaya... Enfin notre famille celle de ma femme et la mienne qui me sont jamais venu en aide pour chercher mon fils...